Un site d’artisan a une mission assez simple : transformer un visiteur qui hésite en quelqu’un qui décroche son téléphone ou remplit un formulaire. Pas besoin d’effets spectaculaires pour ça. Dans la plupart des sites que j’audite, les contacts ne manquent pas à cause du design ou du référencement, ils se perdent sur des détails que le propriétaire ne voit plus parce qu’il a le nez dessus.
J’ai retenu les cinq qui reviennent le plus souvent.
1. Le numéro de téléphone introuvable sur mobile
Plus des deux tiers des visites d’un site d’artisan se font sur téléphone, souvent depuis la fiche Google. La personne veut appeler, maintenant. Si le numéro est caché en bas de page, écrit dans une image, ou pas cliquable, elle abandonne. J’ai vu des sites où il fallait ouvrir le menu, aller dans « Contact », descendre sous une carte et un formulaire pour enfin trouver les dix chiffres.
La correction tient en une ligne : un bouton d’appel visible en haut de chaque page sur mobile, avec un lien tel: qui lance l’appel d’un geste.
2. Un formulaire de devis qui ressemble à une déclaration d’impôts
Quinze champs obligatoires, dont la surface exacte en mètres carrés, le budget, la date souhaitée et le code postal du chantier. Le visiteur qui voulait juste « un devis pour refaire ma terrasse » ferme l’onglet.
Je conseille de commencer par l’essentiel : nom, téléphone ou e-mail, et un champ libre pour décrire le projet. Les précisions viendront au premier échange. Si le formulaire doit être plus complet, on le découpe en étapes courtes avec une barre de progression. Le taux de remplissage change du tout au tout.
3. Aucune photo de vrai chantier
Les images de banque d’images se reconnaissent au premier coup d’œil : cuisine immaculée, ouvrier souriant avec un casque neuf, lumière de catalogue. Elles ne rassurent personne. Un particulier qui va confier sa maison à une entreprise veut voir ce que cette entreprise a déjà fait, chez des gens comme lui.
Des photos prises au téléphone, avant et après, bien cadrées, font dix fois mieux qu’un visuel acheté. Avec la commune et une phrase sur le chantier, c’est encore mieux.
4. Le flou sur la zone d’intervention
« Nous intervenons dans toute la région. » Le visiteur de Salon-de-Provence ne sait pas si ça l’inclut. Celui de Toulon non plus. Dans le doute, ils passent à l’entreprise suivante, celle qui écrit clairement les communes qu’elle couvre.
Une liste des villes, une carte simple, ou mieux, une page dédiée à la ville principale, lèvent ce doute en quelques secondes. C’est aussi un point que Google apprécie pour le référencement local. Pour vous donner une idée de ce que peut contenir ce type de page, j’ai détaillé la mienne sur un site internet pensé pour les entreprises du golfe de Fos.
5. Un site qui semble abandonné
Dernière actualité publiée en 2021. Copyright « 2019 » en pied de page. Un lien vers une page Facebook fermée. Une mention d’une offre qui n’existe plus. Chacun de ces signaux, pris seul, paraît anodin. Ensemble, ils posent une question dans l’esprit du visiteur : cette entreprise existe-t-elle encore ?
Pas besoin de publier chaque semaine pour éviter ça. Mettre à jour la date du pied de page, retirer ce qui est périmé, ajouter une réalisation récente de temps en temps suffit à montrer que quelqu’un s’occupe du site.
Par où commencer
Faites le test vous-même, sur votre téléphone, en vous mettant à la place d’un client qui ne vous connaît pas. Chronométrez le temps qu’il faut pour trouver votre numéro, comprendre ce que vous faites et savoir si vous venez chez lui. Si ça dépasse trente secondes, il y a du travail.
C’est l’exercice que je fais au début de chaque accompagnement pour les artisans et TPE de la région, et les corrections qui en sortent sont rarement coûteuses. Si vous voulez voir comment je m’y prends, la démarche est détaillée sur dzignweb.fr. Mais même sans aide extérieure, ces cinq points se corrigent en un après-midi.